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Plan d’exploitation et de dissémination : les nouvelles attentes de la Commission européenne

Le plan d’exploitation et de dissémination est devenu un élément stratégique des projets financés par l’Union européenne. Longtemps perçu comme un document administratif, il est désormais évalué comme un véritable levier d’impact, de valorisation des résultats et de retour sur investissement pour la société. La Commission européenne a clairement renforcé ses exigences, notamment dans le cadre d’Horizon Europe, et attend des porteurs de projets une approche structurée, crédible et orientée vers les résultats.

Comprendre ces nouvelles attentes est essentiel pour maximiser ses chances de financement et assurer la réussite du projet sur le long terme.

Pourquoi le plan d’exploitation et de dissémination est devenu central

La Commission européenne ne finance plus seulement des activités de recherche ou d’innovation : elle investit dans des solutions concrètes capables de générer un impact économique, sociétal, environnemental ou politique. Le plan d’exploitation et de dissémination des résultats est donc l’outil qui démontre comment le projet va :

  • diffuser les connaissances produites

  • valoriser les résultats au-delà du consortium

  • transformer les résultats en usages réels, produits, services ou politiques publiques

  • garantir un impact durable après la fin du financement

Il ne s’agit plus de décrire des actions de communication génériques, mais de prouver que chaque résultat clé a un potentiel clair, des cibles identifiées et une stratégie de valorisation réaliste.

Une logique orientée impact et résultats

La première évolution majeure concerne le lien direct entre résultats du projet et stratégie d’exploitation. La Commission attend une approche beaucoup plus précise :

  • Identification des résultats exploitables dès la phase de proposition

  • Description du potentiel d’exploitation pour chaque résultat

  • Analyse des marchés, des utilisateurs finaux ou des bénéficiaires

  • Stratégie adaptée selon qu’il s’agit d’innovation technologique, de méthodologie, de données, de standards ou de recommandations politiques

Un plan crédible repose sur une segmentation claire des résultats. Tous n’ont pas la même finalité : certains seront exploités commercialement, d’autres contribueront à des politiques publiques, à des normes ou à la communauté scientifique. Cette différenciation est aujourd’hui essentielle.

Des cibles de dissémination mieux définies

La dissémination ne peut plus être générale ou trop académique. La Commission européenne attend :

  • Une identification précise des publics cibles : industriels, PME, décideurs publics, collectivités, ONG, chercheurs, citoyens

  • Des messages adaptés à chaque cible

  • Des canaux pertinents : conférences spécialisées, réseaux professionnels, plateformes européennes, médias sectoriels, groupes de travail, réseaux de normalisation

Il est également important de démontrer que la dissémination servira l’exploitation. Par exemple, diffuser vers des clusters industriels peut préparer l’adoption future d’une technologie, tandis qu’impliquer des autorités publiques peut faciliter l’intégration dans des politiques ou réglementations.

Une stratégie d’exploitation crédible et anticipée

La Commission européenne insiste sur l’anticipation. L’exploitation ne doit pas commencer à la fin du projet. Les évaluateurs recherchent :

  • Des partenaires du consortium ayant un rôle clair dans la valorisation

  • Une stratégie de propriété intellectuelle définie : brevets, licences, open source, publications

  • Une analyse des barrières à l’entrée, des risques et de la concurrence

  • Des modèles économiques envisagés lorsque cela est pertinent

Pour les projets proches du marché, la dimension business devient centrale : stratégie de mise sur le marché, clients potentiels, chaînes de valeur, partenariats industriels. Même pour des projets plus en amont, une trajectoire vers l’usage concret est attendue.

Le rôle renforcé de la gestion des connaissances et des données

Avec l’essor de l’Open Science et de l’Open Data, la Commission européenne demande une articulation claire entre :

  • diffusion ouverte des connaissances

  • protection des résultats à fort potentiel d’exploitation

Les porteurs de projets doivent expliquer comment ils équilibrent publications, partage de données et protection de la propriété intellectuelle. Cette cohérence est un critère d’évaluation important, car elle montre la maturité du consortium dans la gestion stratégique de ses actifs.

Un document évolutif sur toute la durée du projet

Le plan d’exploitation et de dissémination n’est plus figé. Il doit être :

  • actualisé régulièrement

  • aligné avec l’évolution des résultats et du contexte

  • connecté aux livrables, aux indicateurs d’impact et à la stratégie globale du projet

La Commission attend un suivi continu, avec des ajustements en fonction des opportunités, des retours des parties prenantes ou des évolutions du marché et des politiques publiques.

Les erreurs les plus fréquentes à éviter

Malgré ces exigences, certaines faiblesses reviennent souvent dans les propositions :

  • Confondre communication et dissémination

  • Décrire des actions standard sans lien avec les résultats du projet

  • Oublier l’exploitation non commerciale, notamment pour les projets à impact sociétal

  • Ne pas impliquer les partenaires clés dans la stratégie de valorisation

  • Présenter un plan trop théorique, sans ancrage dans la réalité des marchés ou des utilisateurs

Un bon plan doit être spécifique au projet, ancré dans son écosystème et porté par des acteurs clairement identifiés.

Vers une approche stratégique et intégrée

Les nouvelles attentes de la Commission européenne traduisent une évolution de fond : chaque projet financé doit contribuer de manière tangible aux priorités européennes et générer un impact durable. Le plan d’exploitation et de dissémination devient ainsi un outil stratégique, au croisement de la recherche, de l’innovation, du marché et des politiques publiques.

Pour les porteurs de projets, cela implique de travailler ce plan très en amont, de mobiliser les bons partenaires et d’adopter une vision long terme. Bien conçu, il ne sert pas seulement à obtenir le financement, mais à maximiser la valeur réelle du projet bien au-delà de sa durée officielle.

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